Je voulais mettre à l'honneur la démarche d'un ami m'ayant aidé à mieux comprendre et expliquer mon écriture (par contre il met pas d'accents alors pardonnez-le), mais surtout à mieux en cerner les limites. Mais je cherche.
"En fait je pense que ca rejoint ce que j'ai toujours reproché à vos échanges avec Vi (et Sz, ou Shad) : vous ne parlez que l'un pour l'autre et comme le montre certains autres post c'est par un heureux hasard que nous nous sentons parfois proche de ce que vous dites. bien sur c'est d'autant plus vrai que votre discussion se veut ou se fait philosophique. les textes que vous écrivez sur votre expérience personnel sont a vous, ils
viennent comme une sécrétion nécessaire, viscéral : il sont donc
nécessairement personnels et paradoxalement plus touchant pour ceux qui vous lisent mais la philosophie c'est à lire et a transmettre même si c'est une expérience personnel - et je sais que ça l'est au plus haut point pour Vi, pardon de ne pas ajouter pour toi mais je suis obligé de reconnaître que vous n'êtes pas affectés de la même façon, et ce n'est pas dévalorisant pour autant, la précision était d'ailleurs sans doute inutile.
mais la on touche à ce qui rend particulier les textes de vi, de plus en plus selon ce que j'ai pu parcourir, il est (tu es puisque je t'envoies aussi ce mail) constamment dans l'expérience philosophique d'un certain mode de vie qui n'est pourtant pas universel, que la séparation et la transmission de la pensée se fait nécessairement en même temps que le compte-rendu d'une expérience réelle, loin des conceptualisations.
avec ce que je butine de Nietzsche depuis une semaine - ce qui si j'ai bien compris l'aurait passablement agacé puisuq'il ecrit "je hais les oisifs qui lisent" dans Z. - je comprends mieux cette facoin d'evoluer constamment dans la Philosophie, enfin si celle de N. ca n'en pas vraiment une ou plutot c'est peut-etre l'une des seules depuis toujours si l'on excepte la poesie, je parle bien sur en dilletante et j'ose espere que ce que je dis aura un sens à la fin de cemail qui n'existe que parce que je me suis bloqué le dos !
tout ca pour dire que la forme dans laquelle vos pensées prennent place n'est pas necessairemnt la plus intelligible pour ceux qui sont susceptible de vous lire : sans dire que je ne comprend rien, preuve est faite avec des discussions comme celle avec Nico(toi puisque toi aussi tu as ce mail), que vous ne parles pas assez, il faut du temps et des mots pour atteindre le stade minimal d'explicitation d'une pensée complexe et meme Vi, mon Dieu faite que je ne declanche la fin du serveur qui l'heberge en disant cela, n'ecrit pas assez clairement ou ne decrit pas assez longement ce qu'il pense pour que tout un chacun puisse le ressentir assez fidelement autrement qu'au détours d'une phrase pechée et fixée intensement dans un discours qui va en
s'opacifiant. je tenterai une métaphore stupide pour parler des textes de Vi : c'est un peu une fille legere qui n'irai pas jusqu'au bout : un, ptit coup sous la robe pour laisser entrevoir les charmes et dechainer les passions sans qu'il y en est assez pour qu'on ai envie de se battre pour elle paut etre que ca deviens pour le coup un sentiment tres personnel que
j'evoque la au sujet des textes de Vi
je me suis perdu dans ce que je disais j'ai mal au dos et Saint-Paul me tend les bras...
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Salut Jérémie !
Tout d’abord je te remercie pour toutes ces positions et critiques… Peut-être se faisaient-elles attendre, finalement ! Alors si tu te remets de ton dos, promets-moi de me rappeler de te le casser à nouveau ! ;oD
Eh oui, si on parle l’un pour l’autre comme tu le dis, c’est qu’il n’y a pas d’autres sentiments qui viennent s’accueillir sur nos blogs respectifs : mais tu me vois en joie d’ainsi te voir te confier à nous, et il en va de même pour Nicolas.
Permets-moi de te demander des précisions lorsque tu dis « c'est par un heureux hasard que nous nous sentons parfois proche de ce que vous dites » : ça nous permettrait de progresser.
Enfin d’abord, avant de répondre pas à pas, ce que j’apprécie de faire, si je comprends bien le problème général de ta lettre, c’est que nous ne déployons pas assez ce dont nous parlons, nous ne créons pas de sorte que le lecteur s’immisce comme par enchantement d’un glissement progressif vers ces prés fleuris de mots transsubstantiés en image -un ciel d’expérience. Ces champs dont on ressort comme d’un rêve si haut et pourtant si lointainement perçus dans la force d’une émotion dont on ne saurait parfaitement définir la qualité sans l’éroder de quelque ajout inutile ou verbiage quelconque, ces champs de l’imagination travaillée au corps le corps se révélant sacrées en substances nacrées de sens…
Oh, oui ! Si je savais écrire mon ami, si je savais écrire, si tu savais ce que je pourrais écrire, tout ce monde, toutes ces joies, toutes ces lueurs de sens révélés comme au détour de la vie, en ces recoins où le temps se condense et se resserre pour engendrer un déterminité différente à ce qui avait jusque-là toujours été : de nouveaux monde, que de nouveaux mondes, tout le temps, toujours, quotidiennement, « Le monde à bas je le mets plus haut » (Aragon)… Produire le bonheur, produire la souffrance, se le donner pour tâche dans le travail de l’écriture, d’arrache pieds, toujours…
Ben non, Enfin, en fait, je sais pas : j’écris dans l’instant, j’écris dans le mouvement, j’écris lorsque me vient l’élan d’une chose qui me travaille… Et chaque fois l’écriture m’emmène par la main dans les détours qu’amène le seul fait de son existence : le seul fait d’étaler lentement des mots, tranquillement, comme par vagues successives, qui s’arrachent, qui s’engorgent, qui s’échouent sur le sable du sentiment, le seul fait d’écrire déploie comme de longues périodes envolées de pensée, qui se ballade dans un espace en perpétuel création, celui-là même dont elle est l’identité, le terreau… Finalement peut-être comme la lumière qui, se propageant dans le vide, est elle-même le support de son déplacement dans l’espace : un champ électromagnétique invisible qui pourtant nous révèle les formes de ce monde et parfois nous enchante dans la clarté d’une après-midi enchantée… Et voilà pourquoi, soudain m’immisçant vers ces revers de l’écriture, je me perds et me vient une nouvelle idée qui aura jaillie et enfouie la précédente à mesure que le détour devient finalement nouveau fil directeur du champs de pensée mis en œuvre pour déployer le nouveau propos détourné de la volonté initiale quelques lignes plus haut.
Rarement j’atteins à une certaine unité dans mes textes, ceci dit moi j’en perçois l’unité (heureusement pour moi car je crois que ce sont pour certains de véritables pensums !). Je n’ai à ce jour recherché dans l’écriture que l’élan de l’instant -mais je confesse que c’est là une âme d’esclave (cf. Z et "de la guerre et des guerriers"). Ceci m’a d’ailleurs poussé dès le début à projeter loin devant la conséquence d’un dire, d’une affirmation. Peut-être est-il temps de se mettre réellement à travailler l’écriture.
Mais pour ce faire, je dois bien l’avouer, je suis encore immature : je le sens. Je n’ai pas encore le temps pour moi : je ne suis pas encore en moi-même : je recherche intensément quelque chose : ce quelque chose me broute l’esprit et la volonté : ce qui me broute m’empêche d’aboutir à ce que je cherche : je cherche d’autant plus à retourner la situation pour m’établir dans un équilibre face à moi-même afin de créer les conditions me permettant de : je monte : je redescend : je vis : j’attends : je me demande : je réalise que je n’ai toujours pas réalisé ce que je voulais réaliser : … Un jour j’aurai le temps. Je ne sais pas encore raconter des histoires pour le seul plaisir de les raconter et de travailler leur forme, c’est pour ça que je me cache derrière des impressions sur l’écriture fantastique dans mon texte sur le fantôme (« Yes my lord,… A ghost ») : ça n’est pas très glorieux, je te l’accorde…
« les textes que vous écrivez sur votre expérience personnel sont a vous, ils viennent comme une sécrétion nécessaire, viscéral : il sont donc nécessairement personnels et paradoxalement plus touchant pour ceux qui vous lisent, mais la philosophie c'est à lire et a transmettre, même si c'est une expérience personnel »
Tel que je comprends ce que tu nous dis là, tu nous refuse notre forme d’exposition ? Ben je suis pas d’accord, et sûrement ta remarque qui suit n’est-elle pas sans rapport : il faut débusquer en psychologue (au sens nietzschéen -cf. « Par-delà bien et mal ») ce qui est caché dan la pensée de l’autre, mais aussi en la sienne propre ! Et sinon quant à cette remarque, je te conseil la lecture de « la naissance de la tragédie » : c’est une fresque où N repeins un monde en forçant la réalité à la mesure de la force des sentiments que celle-ci lui inspire -et parlant d’une réalité historique, il a tout loisir de se fondre complètement, entièrement, dans un discours à la fois émotionnel et qui pourtant n’est là que pour nous faire entrevoir les lueurs d’une force… C’est sûrement là la meilleur école, et une des plus hautes création qui puisse se faire dans le domaine de l’œuvre écrite.
Du coup moi je ne farde pas mes sentiments : je les donne, et malheureusement parfois de façon trop crue, sèche, comme un légume que l’on aurait pas assez laissé mijoter pour en tirer toute la saveur dans le fond d’une bonne marmite ! Mais j’attends : je façonne ma marmite. Et je me dis aussi qu’il me ferait grand bien de faire un master pour justement apprendre à bâtir… En cela nous verrons. A force d’éructer, on finit peut-être par parler, non ?
« que la séparation et la transmission de la pensée se fait necessairement en meme temps que le compte-rendu d'une experience reelle, loin des conceptualisations. » Tu as donc déjà tout compris.
« vous ne parles pas assez, il faut du temps et des mots pour atteindre le stade minimal d'explicitation d'une pensée complexe et meme Vi, mon Dieu faite que je ne declanche la fin du serveur qui l'heberge en disant cela, n'ecrit pas assez clairement ou ne decrit pas assez longement ce qu'il pense pour que tout un chacun puisse le ressentir assez fidelement autrement qu'au détours d'une phrase pechée et fixée intensement dans un discours qui va en
s'opacifiant. »
Je crois que j’ai déjà répondu à cela plus haut… Désolé de ne pas encore être assez un constructeur littéraire… Mais en même temps, c’est aussi ce que j’écrivais à mon prof de philo dans « Car j’aime mes ennemis » : cette seule forme de mon écriture suffit peut-être bien à dire (mais apparemment pas, môsieur le critique ;o) ) combien ce n’est pas à cela qu’il faut s’attacher : que quelque part le seul mouvement de la phrase, le seul rythme, le seul champs évasif des sonorités et contrepoints qui s’enchantent en dansant devraient suffire à évoquer comme en l’air ce que je veux dire. Car les mots finalement ne sont là que pour produire de l’affect, de l’émotion, des élans… Désolé alors peut-être de ne pas donner assez d’élan, justement, pour vous faire décoller. En fait j’ai sûrement compris là le paradoxe de mon écriture (merci Jérémie, tu viens de me le mettre en valeur) : alors que dans la forme je passe rapidement sur les choses et n’offre pas le temps de comprendre le fond, je revendique le fait qu’il n’y a qu’un fond quintessenciel à saisir dans la simple forme sonore : ceci est pour le moins tordu et résulte de ce fait que l’on s’accorde d’un certain état des choses au moyen de concepts, de conceptions littéraires de ce que l’on fait, et qu’en définitive elles se retrouvent être le mur qu’on affronte constamment en écrivant alors qu’il suffirait simplement de prendre le temps. Comme si cette simple phrase, « alors que dans la forme je passe rapidement sur les choses et n’offre pas le temps de comprendre le fond, je revendique le fait qu’il n’y a qu’un fond quintessenciel à saisir dans la simple forme sonore », cette simple phrase au nom de l’art suffisait à justifier en ne la rendant que plus noble, une certaine forme d’inconséquence de ma part… Car finalement lorsqu’on lit, cette phrase n’est marquée nulle part et n’est qu’un artifice caché pour littérateur…(voilà un jolie exemple de débusquage psychologique !)
Non, vraiment je suis impardonnable d’écrire comme j’écris : mais au moins écoutez le chant… Il faut dire que lorsque j’écris je chante, alors sûrement mes textes sont-il bien différents tels que je les entends (au sens littéral du terme)…
Je me range donc derrière ta métaphore, Jérémie, car elle résume tout -« je tenterai une métaphore stupide pour parler des textes de Vi : c'est un peu une fille légère qui n'irai pas jusqu'au bout : un, ptit coup sous la robe pour laisser entrevoir les charmes et déchainer les passions sans qu'il y en ait assez pour qu'on ai envie de se battre pour elle. »"
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