Sz a écrit : "Dieu n'est pas étranger à nous, et le personnifier dans une idée à "atteindre", on a vu où cela menait. Je sais que cela n'est pas ton propos. Mais Dieu, c'est la radicale utopie de l'humain, différente en chacun de nous, on ne peut toutes les rassembler sous un mot (Verbe), car on se mettrait alors à guider plusieurs personnes sur le même chemin (dominés par ceux qui font croire, plus ou moins consciemment, qu'ils connaissent bien ce chemin). Dieu me semble nier de manière brut notre liberté existentielle: d'où mon refus et rejet, paradoxalement très absolus."
... Ben si ce n'est pas mon propos alors, pourquoi le dis-tu ? Bien au contraire, je viens de montrer (me semblait-il, mais alors...) que quelque part cette idée de "Dieu" n'est qu'un produit sur l'histoire humaine émanant de l'histoire du monde... L'Être en devenir du monde. Je dis aussi que le prêcheur est ennemi de Dieu ; car "Dieu" n'est que la nature divine de l'homme et rien d'autre (prendre ici le langage comme exprimant -réellement- quelque chose : donc s'il n'est "que" ça et rien d'autre, et à la fois est tout, tout ça pose problème. En fait, c'est juste que oui, effectivement, l'homme tel que nous le connaissons et non le surhomme (pont nietzschéen), n'est pas l'homme dans sa nature, sa réalisation divine, en tant qu'être au monde et être à soi, qui tendent à s'unifier toujours plus parfaitement).
Donc...
Non, ce "Verbe", je ne sais pas réellement ce qu'il est, bien que j'en perçoive la valeur réalisée dans une lueur lointaine... ça n'est donc quelque part pas mon propos non plus...
Moi je ne sais pas tellement qui je cherche à guider si ce n'est moi-même, dans cette recherche... Mais en même temps, comme le dit Zarathoustra (à peu près et je sais plus où) : "Et comment pourrais-je ne pas vouloir les emmener avec moi sur le chemin du surhomme, ceux que je chéris ?"
Je ne veux pas tellement guider mais plutôt mettre en garde sur les mots et l'univers séparé du monde dont ils sont la cristallisation et le vecteur d'erreur. Il faut encore beaucoup apprendre du corps (et ça c'est une vérité générale).
Je te pose encore une fois la question : "Mais queeelle liberté existentielle ???!"
Nan, mais c'est bien un rejet absolu, ça n'a rien de paradoxale : c'est là l'oeuvre d'un guerrier !
:o)
N.B. : "Mais je veux vous ouvrir entièrement mon coeur, ô mes amis : s'il existait des Dieux, comment supporterais-je de n'être point Dieu ! Donc il n'y a point de Dieux."
"Dieu est une conjecture : mais qui donc absorberait sans en mourir tous les
tourments de cette conjecture ?" (dans les îles bienheureuses)
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2 commentaires:
Le mot comme vecteur d'erreur, oui c'est ça... Parce que le mot Dieu pour ma part se perçoit en premier lieu comme vecteur social, la cause désincarnée de l'aliénation opérée par les bureaucraties religieuses - une brique quoi :o) ... Et donc, dans mon intimité résonne une alarme dès que le terme est prononcé. Cependant la nature divine de l'homme, je ne la réfute pas - au contraire. Je ne l'appelerai pas Dieu pour autant.
Et quand je dis que cela n'est pas ton propos: je sais bien que tu ne transformes pas en prêtre bureaucratique assoiffé de sang du prolétaire spirituel!!
La liberté existentielle... Est celle de se déterminer absolument librement. De se choisir pleinement et radicalement, quelle que soit la force des contradictions engendrées avec le reste du monde. Etat bien illusoire, je ne me fais pas d'idées, mais il s'avère que se placer sous une conduite à suivre pour "plaire à Dieu" est foutrement anti-liberté. Et ca, c'est pas nouveau! Même si les Lumières ont plutôt orienté ça vers la liberté des actes dans l'extériorisation de soi, début de chemin vers le XIXe siècle et la toute puissance de l'entreprise.. Mais ça, c'est une autre histoire!
Ok, "quelle que soit la force des contradictions engendrées avec le reste du monde.", mais si tu recherche effectivement Dieu ou la nature divine, et je dirais même -ta- nature divine pour coller au plus près du sujet, comment fais-tu ?
Se plier à Dieu, se plier à sa nature divine, c'est la recherche de quelle liberté sinon l'injonction d'un "Tu Dois" intérieur ? Et si en fait la contradiction de ta liberté radicale n'était en fait que ta contradiction face à cette nature intérieur ?
L'idée est que "Dieu" est -en- nous, il est nous, il est moi ; alors rien ne sert de suivre une conduite, mais bien de l'inventer pour aller chercher -Dieu- dans la liberté.
Bref, je commence à dire ce que je ne veux pas dire... Il faut plaire à soi pour pouvoir pleinement plaire à Dieu, soit atteindre à sa profondeur subtile dans un puissant et soudain déploiement.
Je t'avoue que dans le cadre de notre dicussion, le concept de Dieu atteind justement sa limite pour parler de la recherche spirituelle. Car l'idée de Dieu est chose fixe alors que la vie, l'existence, les contradictions, sont choses mouvantes de la volonté et des affects, dont ce seul concept butoir n'est pas à même de rendre compte : nous avons aujourd'hui une existence complexe ; l'idée de Dieu est morte.
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