


Et voilà que nous voyons le vide s'épancher en une mer d'innocence... Maintenant... Ici... Et là tout n'est qu'ordre et beauté, luxe calme et volupté... Mon regard s'aventure à la contemplation d'une étendue sans fin dont on pourrait croire que seules quelques stries dans le paysage réelles permettent encore a mon corps de savoir qu'il n'est pas perdu dans les douceurs molissantes d'un coton de chimère... là le mouvement de l'oeil s'accroche à l'aspérité rayonnante d'une glace blanche menthe à l'eau, ici la vue se perd dans ces accidents de lumière que provoque l'espace duveteux perdu vers un infini indéfini, maintenant c'est la solitude de l'existence qui s'exprime derrière ce tableau sans cadre d'ou jaillit la beauté de l'être là, lorsque le mouvement du temps senti n'a de réponse que la staticité de l'espace vécu. Ce sont des myriades de perceptions qui se réduisent a une réalité seule : la grandeur de l'absorption dans le monde, de mon corps perdu comme un corps perdu au milieu de ce corps lacté qui me fait face, l'espace... Et encore, l'esquisse ondulée d'un présent perpétuel et dynamique se lit dans ce paysage : une mer gelée, la puissance d'une vague instantifiée dans le froid, une brume incolore tendue vers la déréalisation d'un horizon déjà amaigri par une blancheur molle perdue sur le plat plan me faisant face, et peut-être quelques oiseaux dont l'activité nous rappelle à la réalité de l'endroit. Et même dans la fuite de la plage sur les cotés se lit l'incrédulité du perçu : si une forme masse sombre se nomme encore côte, là encore les fines gouttelettes suspendues à l'atmosphère viennent se jouer du sens en effaçant lentement la crédulité d'une quelconque fin dans l'univers du perçu. Non, jamais je n'avais vu une telle unité dans un paysage, immaculé de la blancheur neigeuse qui d'un infini vient se réduire délicatement dans cette alcôve la satiété lumineuse du regard...

1 commentaires:
Ils sont beckettiens, les deux bonshommes qui se promènent sur la mer gelée (troisième photo)...
PS : Ce qui est d'ailleurs assez amusant, c'est que le mot à taper est "pnocho", qui me fait penser à Pozzo...
Enregistrer un commentaire