mercredi 15 janvier 2014

Sur les pas du vieux Giono (piste)


C’est nous qu’on était allé voir par là les premiers, vers les collines…

Y’avait là-bas un chic type, du nom de Mesmer ou Messier je sais plus bien. Mais c’est pas grave, c’qui compte c’est à quel point il a pu nous faire vibrer ce type : ce type, on aurait dit l’esprit des collines tu vois, un mec qui comme ça te débraille une brousse enséchée de soleil, et te peinturlure une vie aussi riche et profonde que le goût d’une pêche bien mûrie sous un ciel mâtiné de garrigue.

On allait chez lui le soir, comme ça au hasard, et il était toujours là, occupé à quelque chose et en même temps serein et plein comme les blés en paillasse d’un après-midi de mois d’août. Il était toujours là, plein de son regard d’océan qui te transperce le cœur et l’âme, comme s’il savait déjà que t’allais venir te pointer là, sous ses yeux.

‘Paraît même qu’il avait écrit ce gars là,… Si on avait su ! Quoi… Mais pas trois ou quatre cahiers comme on ferait pour se détendre, non ! Des tonnes et des tonnes de feuilles dans tous les sens que sa petite cousine avait retrouvé dans une vieille armoire de son grenier, là-bas… Nous, on l’voyait qui décortiquait ses noix, qui pressait ses poires pour en faire de l’eau-d’vie, qui r’cousait une de ses chaussettes qu’était trouée, mais tu vois… Si on avait su tout ça on l’aurait pas r’gardé pareil le bonhomme : sûrement qu’c’aurait été moins simple, moins banal, moins évident de l’voir comme ça, et tu veux qu’j’te dise ? On y aurait sûrement grandement perdu…

Parce que ces moments, c’était comme de la limaille qui s’met en place autour d’un aimant : t’arrivais, toi, avec tes miettes d’existence que tu savais plus trop où donner d’la tête, et lui, par la beauté de ses paroles et de ses silences, y te r’mettait de l’ordre dans ton dedans, comme ça, sans que tu t’en rendes compte. Comme si il t’embarquait dans sa magie et que toi sans t’en soucier d’une seconde, tu te dresserais comme le serpent au son d’une flûte, tout renourri d’la bonne force de la teyre.

Et quand on l’quittait, ou du moins quand moi je le quittais parce que j’crois bien que le p’ti cousin avec qui j’allais le visiter lui y prenait rien d’tout ça, quand moi j’le quittais c’était toujours avec cet espace en dedans, une espèce de silence qu’a besoin de rien d’plus que lui pour vivre et qu’est content d’être là. Et j’voyais le p’ti cousin qui verbassait des saucissonnades de conneries pendant qu’on retournait vers chez les parents tandis que moi, retrouvé et calme tout dedans, je respirais le goût du soir et me mariais au tintement des étoiles, tout en m'immisçant goûlument dans les bruissements de nos pas de colline. Et je pensais à la prochaine fois que je le reverrai, un soir où que y’aurait pas école le lendemain, parce que la vraie école, celle où j’apprenais vraiment les choses, ben c’était là qu’elle se passait, dans ces moments passés auprès du vieux de la colline où y’avait que la vie du vivant qui parlait, et pas des saladelles d’on ne sait trop qui qui croit dire la vérité dans sa bouillabesse des gens d’la ville.

Et c’est là, en vrai je crois que c’est là, c’est là que vraiment tout a commencé : un soir de matin de clair de lune.

Le carton de la matérialité


  « Croyais-tu que l’amour, ô être divin, soit le seul apanage de ta condition ? Croyais-tu que l’amour ne s’écoule en doux nectar depuis la source, que pour ceux à qui cette source n’était pas voilée sous le carton de la matérialité ? 

  Mais alors, comment aurions-nous pu vivre, comment aurions-nous pu être ? Tu voulais que toi seul soit le témoin de la beauté ? Tu voulais que la transparence de la voie lactée n’appartienne qu’à ceux qui ont des yeux pour voir ? Eh voyons, c’était là ne pas voir que cette transparence n’est que la sensation d’une idée, et que cette sensation nous pouvons -nous, êtres humains-, la retrouver partout où il y a d’autres idées, c’est-à-dire, mon bon, partout ; partout, mon bon. »

« Et VOIS ! L’univers s’illumine de mille couleurs !... Les oiseaux volent et chantent et, à cœur, nous nous enivrons de leur candeur. »

  « ...Tu croyais peut-être que nous sommes d’éternels aveugles, parce que nous n’avons pas les yeux pour voir la Source, mais mon dieu, nous avons une âme après avoir un corps, et même si longtemps nous oublions de regarder avec ses yeux à elle, nous ne cessons pourtant jamais de regarder la voie lactée avec ses yeux à elle : sinon, qui nous dirait qu’elle est belle ? 

…L’œil ?, ce morceau de carton ? »

vendredi 16 janvier 2009

Just feel the wave...

Ô grandeur et beauté... celles qui se nomment sont moindres que celles que l'on rencontre : l'amie motée voulait se faire identifier, la vie bottée parcourut la forêt qu'elle cachait...


Et en revenant, elle dit : ... .

...Non. Elle ne dit rien.


Elle souffla fort autour d'elle, que se répande la grandeur du monde déployé en elle, au-delà même des gestes, au-delà même des mots, au-delààà...



Au-delà même d'elle-même.




C'est comme ça que l'on avance.








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dimanche 9 mars 2008

"Si tu plonges longtemps ton regard dans l'abîme, l'abîme te regarde aussi."

Yin, Yang.

Le monde vit. Tout partout, tout nait et évolue.

Envie d’écrire. Ecrire pour écrire, sentir les mots défiler en moi, sensation depuis longtemps inemployée.

Car il y a tout, tout est là. Tout. La perspective, l’aller vers l’avant, aller vers soi et croiser des chemins où tout ne fait qu’aller vers soi, de façon plus ou moins directe, selon le vécu le senti l’expérience des personnes rencontrées, tout vit, tout joui tout s’envole et vole et tout est MONDE.

Tout est là...

Car tout est là.

Deux touts qui font le tout. Lorsque l’un s’abandonne à l’autre et l’autre rejailli de l’un.

Lorsque l’un s’abandonne à l’autre et l’autre rejailli de l’un.

Lorsque l’un s’abandonne à l’autre et que l’autre rejailli de l’un.

Lorsque l’un s’abandonne



L’autre rejailli de l’un.


L’autre s’est déposé en sur l’un.


Et jouit de l’un.
























Cependant, qu’est-il ? L’autre comme l’un. Qu’est-il ? L’esprit ne peut le sentir. L’âme s’y repose.


Un être ? Alors, vraiment, tout cela est au-delà de la compréhension ; il ne s’agit même pas de comprendre. Il s’agit d’y demeurer.

De le sentir ce que l’on est. Ce sera donc -Lui.

Lui qui est moi.

Et moi qui un jour sera tout lui, en l’approchant, en le laissant me bercer loin de moi, une profondeur inconnue, pourtant si intérieure à mon corps, à moi.

C’est moi.

Cependant Lui laisser toute la part de moi qui est en moi, m’abandonner totalement, abandonner totalement moi… Que dire ? moi, petit moi ne veut pas. Trop grand pour lui ? Il voudrait plutôt être aussi grand que Lui.

Mais c’est vœu insensé. Il ne trouve en lui que simplement ce qu’il est, alors qu’il voudrait trouver Lui en lui.

Mais il ne peut pas.

Lui est en lui-même.

Seul s’y fondre touche l’épicentre de sa résonance.



























Que de longs jours nous avons devant nous.









Nous. moi, Lui, le monde…